Bourrasque

À Asnières, depuis ma fenêtre, Xynthia, ce ne fut que ça : la mer de bambous de mon voisin sous la bourrasque. Pendant ce temps...

Posté le dimanche 07 mars 2010 dans Miscellanées. 0 commentaire

Dîner républicain

Fondant de boeuf. Une vieille cocote en fonte trouvée sur le trottoir et ravivée avec des cristaux de soude. Une larme d'huile d'olive avant de jeter les oignons, puis la viande à braiser et les gousses d'ail en robe des champs. Un peu d'eau pour déglacer avec une cuillère en bois. Gros sel (peu), laurier, poivre en grain, baies de genièvre, thym. S'ajoutent au bout de trois heures les poireaux fendus en quatre. Une heure et demi plus tard, les carottes et les racines de panais. On retourne doucement la viande qui fond. Le tout à feu doux, toujours tout doux. Servir, pourquoi pas avec du raifort.

Ce soir, des sensibilités de droite et de gauche se sont retrouvées autour de la marmite. Des élus, des militants, des observateurs de la société civile, des encartés de tous bords. L'heure du dîner pousse à l'intimité, aux confidences et lisse les divergences. L'arc républicain d'Asnières est quelque chose quasiment d'unique en France. Il faut donner un second souffle à ce Grand rassemblement. Lui donner de l'ampleur, faire vivre sa générosité originale. Les conversations se sont tues bien tard dans la nuit. Diapason sur les valeurs et l'avenir. Ce fut une belle soirée.

On me dit que je pèche par modestie et que j'aurais dû inviter (en vedette américaine ?), des têtes de liste ou des responsables politiques pour le café. Il y avait de l'infusion d'ortie, soit dit en passant.

Posté le dimanche 07 mars 2010 dans Rencontres. 0 commentaire

Clivage droite-gauche

C'est quoi, être de droite ? C'est quoi, être de gauche ?

Lire : Clivage droite-gauche

Posté le vendredi 05 mars 2010 dans Politique. 0 commentaire

Gouvernance

Les notions de libertés, de travail, de sûreté, de gouvernance s'enrichissent ou se vident de leur substance selon la personne ou le parti politique qui les promeut ou les revendique. Le terme de gouvernance a ressurgi voici une vingtaine d'année comme une panacée qui transformerait des ennemis irréductibles en partenaires inséparables. Ne rien imposer, tout discuter, c'est le discours ambiant, quelques fois perturbé par des groupes auto-légitimés.

Tout gouverné pourrait ainsi prétendre à devenir gouvernant. Dans cette acception, la gouvernance remet en question la représentation politique : « Dans les flux de la gouvernance, le choix n'est plus une décision bien circonscrite, mais le produit d'interactions sans fin. La gouvernance appelle le sondage, le référendum, toutes les procédures qui rapprochent, fondent dans une même dynamique gouvernants et gouvernés. » (Philippe Moreau Defarges, Gouvernance, une mutation du pouvoir ?).

La gouvernance est une illusion qui masque les inégalités et les oppositions persistantes, une sorte d'euphémisation de la violence : c'est un habillage de rapports de forces dont les ambitions respectives n'ont souvent rien à voir avec l'intérêt général. Ce qui pose la question de la confiance mutuelle ; ou, dans l'entreprise, de l'affectio societatis. Sans parler du respect mutuel. Et me revient en mémoire ce dicton : «en mariage, comme en affaires, trompe qui peut.» Cela ne dure qu'un temps.

Dans notre société, le consensus peut apparaître comme l'abandon des ambitions de l'un qui se dilue dans l'action de l'autre. Mais alors, comment se faire voir, comment exister politiquement ? La gouvernance devient cette potion qui enchaîne les batailles, qui ralentit l'action et pénalise le gouverné autant que l'intérêt général. Le parti au pouvoir agite la gouvernance - autant que l'opposition, chacun pour tirer la couverture.

Nombre de directives, de lois, de décrets et d'arrêtés sont votés sous la pression de lobbies. UN seul exemple : un arrêté ministériel autorise depuis mai 2009 l'utilisation de rebuts faiblement radioactifs dans la fabrication d'objets usuels de grande consommation. Contre l'avis de l'autorité compétente. « Les métaux, plastiques, gravats... issus du démantèlement d'installations nucléaires pourront servir à la fabrication de ciment ou d'acier. Ces produits contaminés seront utilisés pour la construction de vos maisons, de vos voitures, de vos bateaux, de vos vélos... » Gouvernance avec le lobby du nucléaire. Il en est d'autres avec les fonds de retraite ou les OGM.

L'exigence légitime de gouvernance (on ne peut pas laisser le pouvoir trahir l'intérêt général sous la pression de loobies et d'ambitions personnelles) se heurte à la réalité d'une volonté de bonne gestion. Un condamné pour faillite frauduleuse est-il à sa place de ministre pour admonester les entreprises ? La confiance n'est pas au rendez-vous.

Au plan local, la gouvernance peut s'interpréter comme le dialogue entre une société civile (réunions, débats, forums, CCQ, CESL, associations de parents d'élèves, syndicats, commissions mixtes...) et une municipalité. Difficile de trouver granulométrie plus fine de la gouvernance. En-deça, l'exigence de gouvernance marque quelque volonté de scission ou d'éviction (c'est le cas de la section locale d'un parti, déchirée entre quatre ambitions personnelles et un peu plus de courants)...

Posté le mercredi 17 f´vrier 2010 dans Vie locale. 0 commentaire

Déjeuner républicain

J'en rêvais depuis longtemps, des mois, des années. J'ai lancé l'invitation à la cantonade voici un petit mois. Organiser un déjeuner informel, républicain, avec des habitants, des élus, des militants, de tous bords. J'en rêvais depuis longtemps : ce matin, j'ai allumé le feu sous le pot vers 7h30. D'abord la viande dans l'eau froide, puis le gros sel après un premier écumage. Puis les herbes et les épices. Puis les légumes, en ordre dispersé. Carottes, poireaux, navets, panais, pommes de terre, puis les os à moelle. À Asnières, on ne sait pas les couper : il faudrait les trancher en long.

Ils sont arrivés au compte-goutte. Simples citoyens, élus, radicaux valoisiens, socialistes, verts, modems : toutes les couleurs d'un arc républicain qui m'est si cher. Les uns se connaissaient un peu, les autres, pas du tout : tous les ingrédients pour plomber un déjeuner ? Nous nous sommes quittés peu avant la brune, sans avoir vu passer les heures. Les échanges furent vifs, constructifs, réjouissants.

Nous avons un peu parlé de Sarkozy et de Villepin, mais surtout d'Asnières, de sa situation catastrophique (voir le magazine Capital de février) et de ses habitants. Créer du lien social, apprendre à se connaître, partager nos valeurs communes. Il existe un socle républicain qui dépasse les tendances et les partis. Qu'importe qu'un maire soit de droite ou de gauche, du moment qu'il gère sa ville en bon père de famille. Le tout est aussi de le faire savoir. Il faudra sans doute, deux, sinon trois mandats pour redresser cette ville. Sans doute plus.

Nous nous sommes quittés avec une certitude : il existe des partis félons et des politiciens avec lesquels aucune alliance n'est envisageable. Nous nous sommes quittés avec cette volonté d'avancer plus que jamais ensemble, certes pas pour servir les appétits de professionnels de la politique, mais pour désensabler Asnières et simplement, pour servir. À quand le prochain déjeuner ? Bientôt. Très bientôt.

Posté le samedi 30 janvier 2010 dans Rencontres. 0 commentaire

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